mercredi 16 août 2017

Mardi 15 Août : Assomption de Marie (Luc 1, 39-56)




En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur,exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes  Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais.» Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.                                    
« Seigneur, aide-nous à vivre comme Marie »

1 - La fête de l’Assomption nous rappelle deux choses importantes. Si Marie monte au ciel, directement à la fin de sa vie, c’est à cause de sa foi. Comme le disait l’ange, le jour de l’Annonciation (Luc 1, 27-28) : « Tu es pleine de grâces. Le Seigneur est avec toi ! ». Un jour, une femme dit à Jésus : Heureuse la mère qui t’a porté dans son ventre, et qui t’a nourri de son lait. Jésus lui répond « Heureux plutôt ceux qui écoutent la Parole de Dieu, et qui la gardent ». Marie a écouté la parole de Dieu et l’a mise en pratique, pendant toute sa vie.
 La deuxième chose, si Marie est montée au ciel, tout de suite après sa mort, cela nous montre que le ciel est ouvert. Grâce à Jésus, nous aussi nous ressusciterons, pour vivre avec Lui, avec Marie, avec tous les saints, mais aussi avec tous nos amis et nos parents qui nous ont précédés, ancêtres …

2 - Nous nous rappelons qui est Marie.
Souvent on montre Marie sur des images et des statues, debout les mains jointes, un chapelet à la main et faisant la prière. C’est vrai que Marie a beaucoup prié dans toute sa vie. Quand l’ange Gabriel est venu voir Marie, certainement qu’elle priait dans son cœur. Mais en même temps, elle était au travail. Marie n’était pas comme une statue, debout sans rien faire. C’était une femme de son village, une mère de famille, elle travaillait à la maison, elle s’occupait de son mari, elle éduquait son enfant, elle allait puiser de l’eau au puits avec ses voisines. Et c’est pour cela, qu’elle est une grande sainte. Marie n’a pas fait des miracles, Marie n’est pas partie avec Jésus, pour annoncer l’Evangile dans les villages. Elle est restée à la maison, simple mère de famille. Mais tout ce qu’elle a fait, son travail de femme, d’épouse, et de mère, elle l’a fait avec beaucoup d’amour. Elle vivait  en paix avec celles et ceux qui l’entouraient, elle rendait service. Elle faisait attention aux gens, comme elle a fait attention aux nouveaux mariés à Cana : elle a vu qu’ils n’avaient plus de vin, et qu’ils auraient honte. Alors, elle a été parler à Jésus. Marie était toujours proche de ceux qui souffraient. Mais elle leur rendait service sans se montrer, dans la simplicité. C’est pour cela que Marie n’a pas suivi Jésus, quand il annonçait l’Evangile et faisait des miracles. Mais elle était là au pied de la croix, quand Jésus a eu besoin d’elle, pour prier avec lui et le réconforter. Elle n’a pas eu honte de se tenir au pied de la Croix, pendant qu’on insultait Jésus. Et qu’on la montrait du doigt, comme la mère du condamné à mort.

Dans cet Evangile d’aujourd’hui, nous retrouvons ces deux choses : d’abord la foi de Marie. Elisabeth lui dit : « Heureuse es tu, d’avoir cru à ce que le Seigneur t’a dit. Tu es bénie entre toutes les femmes, et l’enfant dans ton ventre est béni. »
Ensuite l’amour de Marie. Dès que Marie apprend de l’ange Gabriel, qu’Elisabeth sa vieille cousine qui n’a jamais accouché est enceinte, aussitôt elle se lève. Elle marche à pieds longtemps, dans les montagnes, pour venir la rejoindre et l’aider. Ce n’est pas l’ange qui lui a dit : va aider ta cousine Elisabeth. C’est elle-même, Marie, qui y a pensé dans son cœur. Marie faisait attention aux autres, elle les aidait de tout son cœur, elle était là chaque fois qu’ils en avaient besoin.

-Dans le chant de Marie (Luc 1, 46 à 55), là aussi nous voyons la foi et la prière de Marie. Mais aussi son humilité. Elle chante « Il s’est abaissé sur sa petite servante ». Marie prie. Et dans sa prière, elle dit merci à Dieu. C’est cela qui lui permet de vivre dans la paix et dans la joie.
                Nous pouvons reprendre chacune des  phrases de Marie, pour voir ce que cela veut nous dire.
·         L’amour de Dieu s’étend d’âge en âge sur ceux qui l’aiment.
·         Dieu renverse les orgueilleux et les puissants de leur chaise de chefs, il élève les humbles.
·         Dieu donne à manger à ceux qui ont faim, mais les riches Il les laisse repartir les mains vides.
·          
-Marie n’était pas une grande intellectuelle. C’était une femme du village, une « broussarde ». C’était une analphabète, mais elle avait la foi en Dieu, et elle vivait d’une manière digne. Cette fête de l’Assomption nous appelle donc à respecter toutes les femmes. A savoir que toutes les femmes sont filles de Dieu, et qu’elles ont leur dignité. En particulier les femmes des villages, les femmes des familles pauvres, celles qui doivent travailler de leurs mains et se débrouiller pour nourrir leurs familles. Toutes les petites de la société qui n’ont pas une grande place, qui ne parlent pas français, qui n’ont pas eu le temps de faire des études. Comme par exemple, « les petites bonnes », les employées de maison. Car ce sont elles les premières, qui sont à l’exemple de Marie. Nous ne pouvons pas aimer Marie, si nous n’aimons pas les femmes autour de nous, surtout celles qui ont besoin de notre soutien. Nous ne pouvons pas respecter Marie, si nous ne respectons pas les femmes qui sont autour de nous. C’est à cela que Dieu nous appelle.

-Nous repensons à toute la vie de Marie : 
·         sa petite enfance dans la foi, au Temple,
·         l’annonciation : sa disponibilité pour faire ce que Dieu lui demande,
·         la visitation : Marie qui aime sa cousine Elisabeth, et qui va l’aider,
·         sa prière et son courage, au moment de Noël
·         son obéissance à Dieu au Temple, quand elle vient circoncire son Fils, pour respecter la loi de Dieu.
·         Et sa force, quand le vieux Siméon lui dit : « un coupe-coupe va te transpercer le cœur »  
·         sa confiance en Dieu, quand elle retrouve Jésus au Temple. Elle ne comprend pas Jésus, quand il lui dit : » je dois être dans la maison de mon Père ».
·         son attention aux autres et à leurs problèmes, par exemple à Cana,
·         sa discrétion dans la vie publique : elle laisse Jésus faire son travail, elle le laisse libre, elle ne s’impose pas à Lui,
·         son courage au pied de la croix : elle n’a pas honte de se montrer devant les hommes, et d’être traitée de mère du condamné à mort.
·         C’est à cause de cela qu’elle est devenue notre Mère, comme Jésus lui-même le dit.
·         Sa foi et sa prière au moment de la Pentecôte : c’est grâce à Elle que les apôtres ont pu recevoir ensemble le Saint-Esprit, commencer l’évangélisation et construire l’Eglise.
C’est à tout cela que Marie nous appelle aussi aujourd’hui. Son exemple et sa prière nous aident à le faire.

-Marie est aussi connue chez les musulmans. Le Coran en parle très souvent. C’est pour cela que nous pouvons la fêter et la prier ensemble. Et essayer ensemble de suivre son exemple.                         
 « Merci pour Marie »

REFLEXIONS SUR LE CANTIQUE DE MARIE : LE MAGNIFICAT
 « Le Puissant a fait pour moi des merveilles ». C’est ce que Marie a chanté, quand elle a été voir sa cousine Elisabeth pour l’aider à accoucher. Il est donc important de bien le comprendre. D’abord Marie dit : « Mon cœur est plein de joie à cause de Dieu mon Sauveur ». C'est un appel d’abord à être heureux comme Marie, parce que le Saint Esprit est aussi descendu sur nous. Nous sommes les enfants de Dieu, les petits frères et sœurs de Jésus, et aussi les enfants de Marie. Cette joie, nous cherchons à la partager avec tous ceux qui nous entourent. Surtout ceux qui sont tristes, ceux qui sont fatigués, ceux qui sont découragés, et ceux qui pleurent.
Marie continue : « Le Puissant a regardé sa petite servante ». Marie s’appelle la petite servante de Dieu. Elle s’humilie devant Dieu et elle se met au service d’Elisabeth. C'est un appel à nous abaisser devant Dieu, mais aussi devant nos frères, surtout ceux qui sont descendus le plus bas. Comme Jésus nous le dit « Celui qui s’abaisse sera relevé ». Si nous nous abaissons, ce n’est pas pour nous mépriser. Au contraire, c’est pour rejoindre ceux qui sont écrasés, ceux qui sont humiliés et qui n’ont pas la place dans notre société, pour leur redonner un peu de courage. Et nous relever ensemble.

Marie chante : « Le Puissant a fait pour moi des merveilles (des grandes choses) ». Le Tout Puissant continue d’agir aujourd’hui, et de faire des merveilles dans notre monde. C'est un appel à voir les merveilles que Dieu fait dans notre vie, pour lui dire merci. Et aussi les belles choses que Dieu fait dans notre famille humaine, et dans notre famille chrétienne, dans nos quartiers et dans notre société toute entière, pour lui dire merci. Mais savons-nous voir les merveilles que Dieu continue de faire aujoàurd'hui dns notre monde? Savons-nous Lui dirfe merci ?

Marie continue : Le nom de Dieu est saint. C'est pour nous un appel à devenir plus saints, à l’exemple de Marie. Et à aider tous les hommes à devenir plus saints, quelle que soit leur religion. Pour que chacun réponde aux appels de Dieu dans son cœur, là où il vit.
           
Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Le Seigneur nous appelle à accueillir son amour, à partager son amour, à le faire grandir dans le monde. Et pour cela à aimer tous ceux qu’Il met sur notre route.

Par la force de son bras, le Puissant a dispersé les orgueilleux. Il a renversé  les grands de leurs sièges de chef, et relevé  les petits. Marie nous appelle à nous mettre debout, pour marcher sur les chemins du Seigneur, mais dans l’humilité, sans orgueil. Et de relever tous ceux qui sont écrasés, tous ceux qui sont découragés, qui n’ont plus la force de se tenir debout, ni de prendre des responsabilités : les infirmes, les malades, les enfants de la rue, ceux qui n’ont pas été à l’école, ceux qui n’ont pas de travail, les étrangers qui se retrouvent tout seul. Et surtout ceux qui ont été humiliés et abaissés dans notre société.

Il a donné beaucoup de bien à ceux qui avaient faim et renvoyé les riches les mains vides. Il y a beaucoup de gens qui ont faim autour de nous. Ils ont faim de nourriture, mais aussi de dignité et de respect. Qu’allons-nous faire pour eux ?

Il est venu en aide à son peuple d’Israël, son serviteur. Aujourd’hui, le Puissant nous envoie son Esprit Saint, pour que nous aussi nous venions en aide à notre peuple. Que nous construisions notre société dans la paix et la justice, que nous luttions pour l’égalité, le travail pour tous et la bonne gouvernance, avec l’aide de Dieu.
           
Il n’a pas oublié de montrer sa miséricorde à Abraham, et à ses descendants pour toujours. Nous sommes les fils d’Abraham. Nos frères et nos sœurs musulmans sont aussi des fils d’Abraham, comme nous. Et nos ancêtres eux aussi ont vécu dans la parole de Dieu, ils ont écouté la voix de Dieu dans leur cœur. Ne vivons pas seulement entre chrétiens mais avec tous les fils d’Abraham, et avec tous ceux qui suivent la religion des ancêtres. Alors notre vie sera réussie : et nous pourrons chanter en vérité ce chant de Marie : » Le Puissant fit pour moi des merveilles ».

Comme Il l’avait promis à nos ancêtres : Nous avons perdu les bonnes choses et l’éducation que nous avons reçues de nos ancêtres. Nous avons oublié nos valeurs traditionnelles : teranga, mu¨n, sutural, teggin, kërsa, yaru, ngor, jöm, et tant d’autres.  Nos modèles ce sont les artistes, les footballeurs et les lutteurs. Notre éducateur c’est la télévision et les moyens sociaux. Avec tout ce qu’ils ont de bon, mais aussi de dangereux. Nous ne sommes plus nous-mêmes. Marie était une jeune femme juive, croyante et enracinée dans la culture de son peuple, le peuple de Dieu. Comment nous rappeler et vivre, ce que Dieu a promis à nos ancêtres ?

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